132__pbl PUBLICATIONS/DEPUIS 2011/Martian AYME de LYON/Peintre et Graveur
Table des PUBLICATIONS DE L'ARTISTE (Mise à jour janvier 2019)


Chaque vignette donne accès à la reproduction de l'ensemble de l'ouvrage correspondant ; le catalogage et autres renseignements techniques se trouvant à la suite, en bas de page.



Martian AYME de Lyon,
éditeur...

VOCATION (2011), c'est le titre même du poème en 9 quatrains de Charles Cros paru dans Le Coffret de Santal (1873), ici illustré par l'artiste ; et c'est aussi le titre définitif de ce 14ème ouvrage. Ce devait être initialement LA FILLE DU CABOULOT mais, deux petits "objets" typographiques étant venus s'ajouter au projet initial, il fallait éviter tout risque de confusion. Le premier, JEUNE FILLE DU CABOULOT, VARIATION N° 1 (2011), expérimente la pose directe du papier sans taquet de calage ; le second, JEUNE FILLE DU CABOULOT, VARIATION N° 2 (2011), a été imprimé avec le minimum de caractères.

Ce qui fait la spécifité de VOCATION est le processus d'illustration que Martian Ayme a voulu d'une homogénéité en parfaite correspondance avec la détonnante cohérence du texte ; seule l'utilisation d'une plaque unique – et du noir et blanc – sur laquelle puissent se développer les 9 métamorphoses d'une unique image etait, à ses yeux, apte à rendre les pulsations élaborées du sens et de la sonorité des mots du poète.
Cliquer ici sur
"VARIATION N° 1" et "VARIATION N° 2" pour atteindre directement la présentation de ces deux "objets" qui se trouve en bas de la page consacrée à la reproduction de VOCATION.



ANAGRAMMES D'ÉROS ... .... (2011) s'est construit d'abord sur les trois mots : "Éros est muet", courte phrase chargée de sens ; puis sur le désir de l'imprimer... Et quelle plus évidente présentation que par le truchement du silence de quelques anagrammes. L'artiste en espérait péniblement une dizaine, il n'eut en fait, étonnamment, que l'embarras du choix...
Il en trouve encore ...dont certains qu'il regrette de n'avoir pas pu mettre dans celui-ci risquent bien de le tenter d'en composer un second...

Livre d'artiste, dans le sens le plus complet car, fors la fabrication de la presse, des caractères, de l'encre et du papier, c'est bien lui qui en a maîtrisé et exécuté toutes les étapes : écriture, composition, impression, façonnage, selon sa propre volonté d'y rendre par une typographie libérée de la ligne et de l'uniformité du noir traditionnel la liberté de jeu fortuit qui est l'essence de toute recherche d'anagrammes.



MEDIA (2012). C'est vers 2008 ou 2009
que le projet de Media a commencé à prendre vie. Comme toujours Martian AYME ne pouvait faire autrement que de lui donner le temps de prendre "sa" forme ; rien de choisi dès le départ, mais comme à son habitude, l'esprit ouvert à tous les possibles.
Ce qui a été nouveau dans cette genèse, et en a été le moteur, c'est qu'avant même le premier mot jeté sur le papier le dessein s'était déjà imposé à lui de créer un livre où toutes les parties (texte, typographie et illustration) que l'on a trop coutume d'amalgamer tant bien que mal, formeraient un tout indissociable car fondamentalement conçues ensemble.

Ainsi Media
ne peut être véritablement perçu que si l'on veut bien considérer qu'il n'est rien en dehors de la subordination croisée de ses éléments.



RELIGION (2013). C'est immédiatement après les premières notes relatives à Media que le projet de Religion a vu le jour. Autant le premier était d'abord relativement simple, autant le second s'est avéré complexe de par son sujet même. Quelle équivalence textuelle, plastique et typographique pouvait rendre compte de cette cette complexité ? Comme à son habitude l'auteur s'est mis "en retrait" de la simple écriture pour laisser au texte le temps de mettre en place sa propre forme.

C'est ainsi qu'à l'intérieur d'un premier texte jouant de tous les caractères sont venus s'en ajouter
deux autres qui, pour qui sera sensible aux différents signes d'ordre typograhique employés par l'artiste, apparaîtront à l'évidence comme parties intégrantes d'une lecture initiale qui, s'avérant incomplète a posteriori prendra alors tout son sens.



LE MONDE (2013). Un auteur, une citation brève mais forte que l'artiste a voulu partager... Il ne se souvient plus si c'est elle qui a appelé sa présentation en ruban de Mobius, ou bien s'il attendait de trouver l'occasion qui lui permettrait cette incursion quelque part dans les marges du livre ; un peu des deux probablement car il s'est toujours intéressé aux problèmes de mathématiques et de formes...

La présentation des quelques mots qui composent ce "livre", un peu objet autant que livre - et sous cette forme - s'est imposée comme une évidence. Elle a ouvert en outre d'autres voies qu'il est trop tôt pour dévoiler ; la recherche continue...



CETTE INDOLENCE (2014) est le 4ème opus du Je[u] Typographique. Le texte se présente ici sous une forme purement linéaire ; il est donc directement lisible, chaque vers étant composé sur une double page où se répondent diverses épreuves des différentes plaques qui permettraient l'impression de l'estampe correspondante (mais qui ne sera pas imprimée !) Gris et noirs des caractères où les corps jouent avec leur densité, gris et noir des estampes qui rythment les surfaces...

Ici ce sont les initiales grises en gros corps qui commandent, éventuellement, l'apparition de corps inférieurs, imprimés en noir, noir absolument nécessaire pour que les vers les plus longs conservent, outre l'unité évidente de la ligne, celle de la densité plastique du texte. Et puisque ni le poème, postérieur, ni l'illustration initiale dont il est lui même issu, n'apparaissent au complet dans l'ouvrage, c'est bien l'objet livre tout entier qui est le poème ; et en même temps son image...



LE TEMPS (2014) entre dans la série VARIATION : c'est la
VARIATION N° 3. L'origine de ce livret à feuillets libres est une considérable erreur d'impression sur un des folios de Cette Indolence qui faisait que ces quatre pages étaient totalement inutilisables. Dilemme : mettre un travail conséquent à la poubelle, ou bien... De là est née la composition d'un autre texte qui a intégré la coquille, et qui vient prolonger, sans en avoir l'air, le projet initial...




CE LIT TROUBLE (2014), dont le titre complet est Ce Lit trouble de soi, n° 5
du Je[u] Typographique dissocie dans une certaine mesure le texte et l'image, parfois incomplète, au début totalement, pour les rapprocher quoiqu'un peu timidement vers la fin. L'organisation du texte, complexe de prime abord afin d'en ralentir la lecture est finalement assez simple, jouant dans la première moitié d'une présentation régulière en noir seul sur trois niveaux de page, puis d'une façon plus rythmée en gris et noir...

Passant d'un corps 48 gras jusqu'au 16 mi-gras, le texte impose d'abord des mots séparés qui se détachent fortement sur le fond blanc pour les compléter ensuite jusqu'à les mettre en situation de faire sens... La page est bien le lieu où le sens prend forme.



C LA VIE (2014) est la
VARIATION N° 4 qui a pour origine, tout comme Le Temps, une erreur, mais cette fois-ci c'est une simple coquille qui a transformé sur un folio en fin d'impression une "...méprise..." en "...mépris..."
C'est encore la raison
de la composition d'un autre texte qui a intégré ladite coquille, tout en appelant d'autre illustrations... Puis un titre dont la mise en page a exigé une imposition particulière sur un format différent...



LIBERTÉ (2015) est le 6ème et dernier opus
du projet Je[u] Typographique amorcé en 2000.
L
e texte du poème intimement mêlé à l'illustration, et aux lignes d'abord quelque peu dissociées sur les 21 premières pages se resserre sur les 4 suivantes avant de devenir lisible en entier sur la dernière

Le jeu entre les capitales en corps 84 et les minuscules en 36 n'est pas de fantaisie : il ajoute, en quelque sorte, un commentaire au texte. Feuilleter les pages suivantes en corps 24 retarde encore la lecture suivie de l'ensemble qui ne devient possible qu'après le décryptage du texte en gris sous la résille du dessin final. Le lecteur a eu le temps de s'imprégner de l'essence du texte avant d'y accéder dans son intégralité...



ÉCONOMIE (2015) est le 3ème et avant dernier cahier de ce qui était devenu, après
Religion, le Projet UBU.
Sa typographie complexe met en jeu des caratères en plomb (Europe et Banville) de corps 16, 24, 36 et 84, ainsi qu'une police ancienne en bois. Le texte a été long à se mettrre en place : écriture et composition devant, pour l'artiste, être menées de concert,
laissant au texte le temps de mettre en place sa propre forme.
La complexité typographique, loin d'être ici un simple jeu de forme, est dictée par la présence, outre le développement évident d'un texte purement linéaire, de cinq autres [sous] textes qui viennent successivement en affiner le propos. Chaque aspect de la typographie : polices, capitales, couleurs les différencient les uns par rapport aux autres...



LETTRES AUX DÉMOCRASSEUX (2018) est comme un drageon surgi par surprise au cours de l'impression du 4ème et dernier cahier du Projet UBU. C'est tout simplemenet notre devise républicaine où, à l'origine, la revendication de liberté était justement première, transformée par l'artiste qui a voulu mettre en exergue celle qui lui était alors seconde : l'égalité, au recul contemporain assourdissant.
De même il a reformulé la fraternité qui, pour de multiples raisons a bien perdu du sens fondamental qu'elle avait autrefois et l'a remplacée par la notion de partage.
Dans
Lettres aux Démocrasseux c'est cette seule devise actualisée, sous-texte de l'analyse qu'est Démocratie à venir, qui est le corps de l'ouvrage à l'étrange liminaire qui plante – comme en contrepoint – le décor qu'il entend donner à la pièce en train de se jouer...



DÉMOCRATIE (2018) vient clore le Projet UBU. Le texte de l'ouvrage est imprimé en noir en appliquant à la typographie des règles qui ne tiennent compte que des corps des caractères en leur alignement, faisant fi de certaines règles habituelles ; ceci afin d'en ralentir la lecture, et par la même occasion requérir du lecteur une plus grande attention.
Comme toujours chez l'auteur le texte est de la plus grande densité, chaque mot pesé au trébuchet de la concentration a sa place, son sens et ses sonorités...
Le texte, encré au rouleau sur caractères en plomb, a été composé en europe – tout un symbole – et imprimé par dessus un premier "texte" dont les grands caractères d'affiche en bois ont, eux, été encrés en rouge par tamponnage.