VLADIMIR EST UN BIEN PETIT MONSIEUR
Déjà, fin 2022, je me disais que Vladimir était un bien petit Monsieur. Comme tout être humain il cherche à exister au regard des autres. Par le jeu des circonstances son cerveau s'est modelé au sein du KGB. Parfaitement bien huilé au vent des opportunités, apte à profiter de tout, simple mécanique d'intelligence artificielle qui n'a rien d'humaniste il se délecte d'un totalitarisme aveugle et manipulatoire. C'est ainsi que devenu Poutine il mélange Grandeur et surface, celles de la confédération de ses états désunis qu'il dénomme Russie, fait taire le moindre désaccord, use avec éclat de tous les bois du langage, et confond les tapis du Kremlin et ses tapis de ruines.
Bien loin de là il me souvient qu'il y a bien une vingtaine d'années j'avais été frappé par l'affirmation d'un responsable des Frères musulmans alors en Égypte (il ne me semble pas inintéressant qu'un jounaliste en retouve trace et circonstances) qui s'adressant à un diplomate lui disait en substance que leur Islam avait le temps pour lui et que la Démocratie leur founirait elle-même la victoire.
Cette foi en la souveraineté absolue d'un Dieu rejoint ici l'identification à cet imaginaire d'une "Sainte Russie" dont notre "petit Monsieur" se veut le héros comme se rejoignent ses destructions et leurs attentats, sa démocratie Potemkine et leur insidieuse tentative d'infiltration des mœurs un peu partout. L'un n'a que faire des démocraties soi-disant corrompues et se juge autorisé à imposer une volonté apostolique à la "surface" qu'elles occupent, quant aux autres c'est aux canons d'un texte religieux auto-proclamé qu'ils veulent les soumettre... Dans chacun de ces deux cas, comme de tous ceux qui s'en rapprochent, la Démocratie à en face d'elle une monomanie qui se projette dans la durée, pour qui la réalité commune du temps présent n'existe pas et qui tient sa force de nuisance de son aveuglement viscéral à tout ce qui est différent.
Et face à ces aliénations à des principes étrécis à l'extrème hors de toute logique naturelle la Démocratie est structurellement faible et quelque peu désarmée car elle a en face d'elle une longue tradition de forces dictatoriales facilement opérationnelles de par la schématisation des bases sur lesquelles reposent leur action. La Démocratie elle, est après la Grèce, 1776, 1989 et tant d'autres, encore à la recherche d'elle même, entre expériences et erreurs politiques. Pour les démocraties qui la composent l'ensemble des décisions qui précèdent l'action et la réflexion qui les précèdent obèrent leurs capacités opérationnelles de par la complexité des bases qui fondent le socle de leur essence commune : respect de la liberté individuelle, poursuite de l'égalité et d'un modus vivendi équilibré entre tous les citoyens en divers points du globe.
C'est ainsi que notre petit monsieur s'est si facilement emparé de la Crimée en 2014 : action surprise contre la diversité du nœud "réflexiondécision-action" démocratique. Avons-nous été sages, prudents ou pusillanimes ? Il semble que l'avenir a commencé à nous répondre en février 2022 après les sournois grignotages des huit années qui ont précédé : notre petit Monsieur Poutine dans un excès de confiance veut planter ses crocs dans l'Ukraine. Celle-ci se rebiffe au nom de son identité démocratique. Et nous, ses semblables, que faisons-nous ? Aider l'Ukraine, bien sûr, mais il ne faudrait surtout pas "humilier" Monsieur P. La sagesse est dépassée ? La prudence ne l'est-elle pas aussi ? Que reste-t-il ?
Depuis deux ans l'Ukraine, sous le "bien sage" diktat démocratique de n'utiliser que ses propres armes pour frapper en Russie, ne peut que perdre une part de sa terre. Tant qu'elle ne pourra pas frapper avec "nos" armes au même titre qu'avec les siennes dans la même profondeur russe que la Russie se permet au delà de sa frontière, Monsieur P. ne risque pas de perdre la moindre parcelle de sa "surface". En outre il devient de plus en plus évident qu'il ne s'arrêtera pas tant qu'il ne percevra pas le moindre risque de perdre au moins ce qu'il a volé ; que ne fera-t-il-pas ailleurs ou plus tard s'il ne rencontre pas aujourd'hui une opposition ferme à sa détermination obsessionnelle ?
Il est bien triste d'avoir à s'avouer que le temps de l'observation est dépassé depuis longtemps, que pour préserver sa survie la Démocratie doit désormais faire l'impasse sur cette bienveillance pacifique qui est au cœur de son identité pour faire pièce à cette obsession formatée qui fait tourner la mécanique du cerveau poutinien. La cinétique mécanique de ses destructions ne s'enrayera pas tant qu'il n'aura pas fait l'expérience d'un retour destructif équivalent, mécaniquement réglé sur le sien propre, frappe pour frappe, distance pour distance, village pour village, mort pour mort et soit amené à connaître le fait que chaque coup qu'il porte, il se le porte en retour, et se détruit lui-même...
En ce 24 février 2024 au jeu de ses mots dits, mensonges issus de son ADN, il peut encore se prendre pour le maître "des" horloges ; s'il devait s'apercevoir demain, que chacune de ses voies de fait criminelles risquait de mettre fin à ses jours d'heureux manipulateur il devrait sans attendre en arriver à comprendre que le Monde démocratique une fois sorti de sa léthargie, lorsqu'il décide de répondre sans faux-semblant, drone pour char, obus pour obus, avion pour missile au délire de son régime mafieux que sa survie au panthéon de son fantasme Grandeur et surface devient illusoire comme celle du régime qu'il impose au peuple de ses états désunis dont il séquestre la liberté.
Le temps nous est compté : en l'état notre petit Parrain des peuples n'est pas près de cesser de sortir de sa boite à surprises, parmi tant d'autres, la mort bagatelle, les cadavres et les décombres dont il est si prodigue. Bien triste perspective pour la Démocratie : le temps est venu où la sagesse, la prudence des mots de vérité d'une diplomatie raisonnable ne sont plus de mise face à la mécanique amorale et menteuse de ce grand saigneur des libertés pour qu'il entende que celle des peuples n'est pas réfutable à l'envi et que l'on ne badine pas avec la Mort.