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Cet artiste offre une deuxième vie aux caractères d'imprimerie du Progrès

Martian Ayme de Lyon, artiste lyonnais, a récupérédans les années 1970, au moment du passage à l'imprimerie offset, de nombreux caractères de typographie. Nombre de sa collection vient du journal Le progrès, qu'il utilise toujours à ce jour.
Des caractères d'imprimerie, il y en a des milliers dans l'atelier de Martian Ayme de Lyon. « Impossible de dire le nombre exact », avoue-t-il. Ce qui est sûr, c'est que la plupart d'entre eux viennent du Progrès. Au premier abord, l'atelier paraît désordonné. Mais on comprend vite, au fil de notre découverte, qu'il est en fait parfaitement rangé. Simplement, du haut de ses 87 ans, l'artiste a beaucoup accumulé. Il sait exactement où se trouve chaque œuvre, chaque outil. Pour atteindre les caractères d'imprimerie (ou types) et la presse, il faut se faufiler au milieu des cartons, et avancer avec une infinie précaution, sans renverser quoi que ce soit.

Une collection qui sort de l'ordinaire.
« J'ai récupéré les caractères quand l'imprimerie du Progrès, à Chassieu, se débarrassait de tout le matériel parce que les imprimeurs passaient a l'offset (actuel moyen d'impression) », rapporte-t-il. Faisant à l'époque le tour des imprimeurs qui vendaient leur matériel, et ayant déjà visité celle du Progrès, il a pu rapidement faire son choix. « J'ai donc rapporté un ensemble composé d'un meuble et de casses », raconte le collectionneur. Tous remplis de caractères et d'éléments qu'il aime toucher du bout des doigts. Une sensation qu'il apprécie particulièrement. Alors qu'on entend le bruit de caractères qui s'entrechoquent dans les tiroirs ou du meuble qui grince, l'artiste dévoile sa collection, commencée dans les années 1970, qui occupe désormais une grande place dans l'atelier. Les tiroirs sont lourds car plusieurs centaines de caractères y sont entreposées. Le plus souvent fait de plomb (pesant à peu près 25 kilos), ou de bois, plus légers. L'odeur qui se dégage des meubles est particulière, un mélange entre de la fécule de maïs, qui recouvre les caractères les moins utilisé, et de poussière. Ses casiers sont remplis de différentes polices, caractères, tailles, formes. Martian Ayme de Lyon a même complété sa collection en gravant lui-même ses propres caractères, « parce que je n'avais pas ce que je voulais ». D'après ses estimations, les types doivent remonter aux années vingt.
Il fait ses propres impressions depuis 1977
 
L'utilisation de l'imprimerie pour son activité lui est venue assez naturellement. « J'ai voulu, en 1977, imprimer les poèmes que j'avais écrits quand j'étais étudiant », dit-il, tout en feuilletant les pages. Déjà artiste à l'époque, il décide de se lancer dans l'imprimerie pour mettre sur papier, ses textes engagés, et ce, en partie grâce aux types récupérés du Progrès. Toute sa vie, il a acheté des pièces « qui avaient déjà vécu », particulièrement attiré par leur côté imparfait, leurs histoires. Il les utilise quasiment chaque semaine. Plus récemment il a récupéré de l'Imprimerie Combier, à Mâcon, plusieurs casses. Le coût de la casse dont le poids est d'environ sept kilos et estimé entre 150 et 200 €.Avec cette collection, il écrit des livres, réalise des affiches et des cartes de vœux. Un livre lui prend du temps, « au minimum un mois ». En contact régulier avec le Musée de l'imprimerie (Lyon 2e), il souhaite lui léguer sa collection.***
*** Marine Issartel a fait plusieurs erreurs dans le dernier paragraphe : l'achat chez Combier remonte à plus de 30 ans et les prix estimés sont pour des polices neuves (je n'ai jamais acheté que des casse d'occasion au prix du plomb, actuellement aux environs de 1,00 € le kg) ; une casse peut peser de 3 à 7 kg et l'impression d'un livre peut s'étaler sur six mois ; enfin si je suis bien en contact avec le Musée de l'imprimerie (par l'intermédiaire des Amis du Musée) je doute fort d'avoir dans ma « collection » grand-chose qui puisse l'intéresser ...
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