02___bib/02_lp03b
Martian AYME de LYON/Peintre et graveur
Le Progrès de LYON (2003)
Le Tout Lyon

par René Déroudille

Le Progrès de Lyon (janvier 1978)


Dessins de Martian Ayme et quelques artistes
(GALERIE L'ATELIER)



Nicole Castel et Marine Vernay créeront-elles, dans l'enceinte d'art qu'elles ont reprise, rue Auguste-Comte, la « troisième galerie », comparable un peu à la troisième force dont nous rêvons ?... De toute manière il existe à Lyon une place à prendre aux côtés de Janine Bressy et de Paul Gauzit pour donner leurs « chances » aux jeunes artistes en leur permettant de ne plus ronger leur frein en espérant le « miracle ».

Pour l'instant ces charmantes jeunes femmes présentent une exposition de groupe où, aux côtés de Michel Lubrano, Jacno et Annick Ropert, on contemple les dessins de Martian Ayme qui méritaient d'être montrés dans une galerie de la presqu'île.

Un remarquable « essai sur le dessin », écrit par Martian Ayme, permet de mieux distinguer ses recherches.

Pour l'artiste, il importe peu d'obéir à une technique enseignée affirmant les quantités d'ombre, les manifestations de la lumière, la cadence des hachures ou l'importance du contour. Aux yeux d'Ayme il existe un objet-prétexte permettant de créer un dessin, libéré de tous les enseignements et à l'abri des sacro-saintes formules.

Martian Ayme insiste dans son travail sur l'importance de la couleur venant doubler le trait et lui donnant une vibration particulière, notamment les lignes tracées au moyen du rouge et du vert, c'est à dire de deux complémentaires.

À l'Atelier, on contemple des dessins de Martian Ayme, réalisés au moyen de traits coloriés où, malheureusement, le contraste vert et rouge se trouve absent. Malgré tout, on distingue des pièces comme « Les amantes », « Marilyn » , « Femme à la psyché », etc..., où des traits bleus et rouges, bleu et or font vibrer le prétexte.Toutefois, souvent, l'imagination de l'artiste l'entraîne loin du prétexte, donnant ainsi, à ses écrits non pas un démenti mais une signification autre.

La création d'un emblème, né d'un modèle mais étranger à lui, demeure tributaire de l'imagination créatrice, abstraite des contingences du réel. Il n'existe pas, là, de « facilité ». On préfère à toutes ces synthèses parfois faciles, « le visage nu » où Martian Ayme, sans serrer de près le modèle, a su, en partant de lui, créer un symbole d'un intérêt, à nos yeux, exemplaire.



René Déroudille (Le Tout Lyon, janvier 1978)